Algérie : La question sociale domine l’élection

À la veille d’un scrutin présidentiel qui ne passionne guère les Algériens, l’historien Benjamin Stora analyse la crise économique et morale d’une société dont la jeunesse est attirée par l’exil.

Benjamin Stora  • 9 avril 2009 abonné·es
Algérie : La question sociale domine l’élection

Les Algériens sont donc appelés à se rendre aux urnes ce jeudi. Mais le sentiment qui domine est celui d’une réélection sans problème d’Abdelaziz Bouteflika, l’actuel président de la République algérienne. À la différence des précédentes élections, les candidats qui se présentent cette fois ne paraissent pas en mesure de l’inquiéter. Seule Louisa Hanoune, militante trotskiste du petit Parti des travailleurs (PT, proche de la mouvance française lambertiste) dispose d’une aura et d’un charisme acquis dans son opposition au régime en place, au moment des années 1990, années de guerre civile. Son objectif est d’élargir le plus possible la base de son parti à la faveur de l’élection présidentielle, et non de prendre le pouvoir ou de diriger le pays.

La différence est donc grande avec les élections présidentielles précédentes. Le retrait des principaux leaders de l’opposition s’est opéré dès octobre 2008 lorsque, dans un discours prononcé au siège de la Cour suprême, à l’occasion de l’ouverture de l’année judiciaire, Bouteflika a expliqué qu’il comptait proposer au Parlement «  d’enrichir le système institutionnel avec les

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Monde
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

Affaiblie, Giorgia Meloni droite dans ses bottes
Analyse 8 avril 2026 abonné·es

Affaiblie, Giorgia Meloni droite dans ses bottes

Après des discours musclés en campagne électorale, Giorgia Meloni s’est employée à rassurer les marchés et ses alliés internationaux recouvrant sa radicalité d’extrême droite originelle. Mais depuis sa défaite électorale au référendum de mars, la première ministre italienne semble renouer avec de vieilles tentations autoritaires.
Par Olivier Doubre
Résister aux lois sécuritaires : la leçon italienne
Récit 8 avril 2026 abonné·es

Résister aux lois sécuritaires : la leçon italienne

À un an de la fin de son mandat, Giorgia Meloni fait face à sa première véritable crise politique. Si l’on regarde en arrière, elle n’est en mesure de revendiquer que des mesures construites sur une série de paniques morales. Mais les mouvements sociaux italiens ont su lui porter la contradiction.
Par Giovanni Simone
Meloni : derrière le vernis modéré, un défouloir politique
Décryptage 8 avril 2026

Meloni : derrière le vernis modéré, un défouloir politique

En trois ans et demi à la tête du gouvernement italien, Giorgia Meloni a tenu la distance sans vraiment tenir ses promesses de révolution néofasciste.
Par William Jean
« Giorgia Meloni a pris une place centrale dans l’internationale des nationalismes »
Entretien 8 avril 2026 abonné·es

« Giorgia Meloni a pris une place centrale dans l’internationale des nationalismes »

Nicola Fratoianni, le codirigeant d’Alleanza Verdi e Sinistra (Alliance des Verts et de la Gauche) se réjouit de la victoire du « non » au référendum sur la réforme de la justice voulue par le gouvernement d’extrême droite de Giorgia Meloni. Ce sursaut constitue pour lui un espoir pour le bloc progressiste.
Par Olivier Doubre