Le Brésil peut-il devenir la « ferme du monde » ?
Hervé Théry, directeur de recherche au CNRS-Credal*, montre que le Brésil possède l’un des plus forts potentiels agricoles au monde. Mais cet essor a un coût écologique et humain.
dans l’hebdo N° 1047 Acheter ce numéro
Au moment où l’opinion mondiale s’interroge sur la sécurité alimentaire et énergétique de la planète, la situation du Brésil paraît enviable, puisque non seulement il alimente sans difficulté ses habitants (près de 200 millions), mais il est en outre un gros exportateur de grains, de viandes, de tourteaux et de matières grasses. Le Brésil est vu par certains comme la solution miracle grâce aux agrocarburants qu’il produit déjà en grande quantité, et qu’il pourrait exporter en plus grande quantité encore : il fait rouler des millions de voitures flexfuel à l’éthanol. Est-ce à dire pour autant que le Brésil (avec ses voisins, principalement l’Argentine) est la région-solution, qu’il peut devenir la « ferme du monde », produisant en quantités