Après le massacre des Tigres

La défaite du mouvement de libération tamoul ne résout pas le problème de l’autonomie d’une minorité.

Alain Lormon  • 21 mai 2009 abonné·es

Les Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) ont été écrasés par l’armée sri-lankaise, à forte majorité cinghalaise, mais le problème tamoul demeure. Certes, le président ultranationaliste du Sri Lanka, Mahinda Rajapakse, a pu crier victoire, lundi, et annoncer que « l’autorité de l’État s’exerce dorénavant sur chaque centimètre du territoire » . Il a pu se vanter d’avoir « vaincu le terrorisme » après la reddition des dernières poches de résistance ­tenue par les Tigres. Mais cela ne règle en rien le sort et le statut d’une population tamoule qui représente 12,5 % de la population totale. Si le mouvement des Tigres, fondé au milieu des années 1970, a connu une terrible dérive sectaire qui n’a pas épargné le peuple tamoul lui-même, il n’en reste pas moins vrai que la résistance est née à l’origine de l’oppression d’une minorité par le gouvernement sri-lankais. Après trente ans de guerre civile, et après les massacres des derniers jours, les revendications tamoules sont toujours d’actualité. Il faut espérer qu’elles seront transférées sur le terrain politique, comme le demande une partie de la population. Si le problème de l’autonomie n’est pas réglé dans des délais courts, on peut parier que les Tamouls se doteront d’autres formes de résistance et que le problème de la violence resurgira. En attendant, la parole est aux politiques. Pour combien de temps ?

Monde
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