Le cadre le plus large possible

Au-delà des difficultés actuelles, les Alternatifs veulent constituer un cadre unitaire national pour les régionales.

Jean-Jacques Boislaroussie  • 17 décembre 2009 abonné·es
Le cadre le plus large possible

Les adhérent-e-s des Alternatifs se sont prononcé-e-s : 58,5 % ont choisi la construction d’un cadre unitaire au niveau national avec les formations du Front de gauche et d’autres forces, 33,1 % ont refusé ce cadre qu’ils jugeaient trop restreint et se sont prononcés pour la recherche de l’unité la plus large au niveau régional. Ce choix de construire un cadre national exprime la volonté que notre mouvement s’affirme davantage dans le champ politique, mais il est principalement lié à l’analyse de la situation sociale et politique.

De grands affrontements sociaux sont devant nous. La petite musique des libéraux sur les « déficits publics » se fait insistante : la note de l’endettement des États pour sauver un système financier parasitaire va nous être présentée. Les classes populaires seront invitées à la payer par le biais de nouvelles attaques contre le système de protection sociale, les services publics, le code du travail. Pour brouiller la question sociale, Sarkozy et la droite touillent la soupe identitaire. Ils prennent le risque que les secteurs xénophobes de l’électorat choisissent l’original, le FN, plutôt que la copie UMP. Mais l’enjeu de diviser durablement les couches populaires et de rameuter un parti de la peur est tel que la manœuvre durera, s’accompagnant du matraquage médiatique sécuritaire. Un des enjeux des régionales est donc clair : battre, dans toutes les régions, cette droite, et affaiblir le pouvoir.

Les Alternatifs gardent intacte leur volonté de construire, au-delà des difficultés actuelles, un rassemblement pour la transformation sociale et écologique, regroupant largement, du PCF au NPA. L’échec, que nous espérons provisoire, du rassemblement large est d’autant plus douloureux que nous avions constaté des avancées durant les semaines de discussions, les adhérent-e-s du PCF choisissant dans la plupart des régions des listes indépendantes du PS, le NPA assumant la fusion démocratique des listes écologistes et de gauche. La question de la participation aux majorités et exécutifs régionaux est certes importante, mais nous aurions parfois souhaité que les réunions des formations de la gauche de gauche se tiennent en présence de militant-e-s des mouvements d’émancipation, sociaux, écologistes, démocratiques. Ceux et celles-ci auraient pu appeler les uns et les autres au sens de leurs responsabilités et au goût du collectif : oui, l’unité était, cette fois, réalisable !

Nous avons choisi le cadre unitaire le plus large possible, avec le Front de gauche et d’autres formations, et notre main reste tendue au NPA.
Les Alternatifs participeront aux élections régionales pour défendre, et mettre en œuvre, si les conditions en sont remplies, des politiques publiques alternatives sur le plan des solidarités, de la démocratie et de l’écologie, politiques en rupture avec la logique du système capitaliste et productiviste.
L’alliance que nous voulons construire doit s’appuyer sur les acquis de l’existant, le Front de gauche, mais alliance ne vaut pas ralliement. Nous voulons construire un rassemblement représentatif d’une nouvelle dynamique, fort de l’unité des organisations politiques, fort tout autant de sa capacité à ne pas s’y limiter.
L’objectif des Alternatifs, partagé avec d’autres comme la FASE et le PCOF, est de construire ce cadre unitaire national sous l’intitulé « Ensemble, pour des régions à gauche, solidaires, écologiques et citoyennes ». Le choix d’un accord national, décliné dans les régions, devra se concrétiser, outre l’intitulé commun, par le respect de la diversité des composantes politiques, dans la constitution des listes, la répartition des têtes de liste régionales et départementales, ainsi que par l’animation et la conduite de la campagne.
Pour engager une vraie dynamique populaire, la campagne devra reposer sur l’organisation de forums citoyens dans les villes et départements, et la constitution de collectifs unitaires. Cette démarche est la condition d’une campagne offensive, d’un vrai ancrage dans la société, et, demain, d’une articulation entre les mobilisations et la présence d’élu-e-s de la vraie gauche et de l’écologie radicale dans les conseils régionaux. C’est aussi une telle dynamique qui donnerait sens à la participation à la gestion des régions, dont nous savons que les orientations et pratiques du PS ne la rendent pas évidente.
Les Alternatifs défendent, pour les régions, les priorités suivantes :

– La démocratie active : budget participatif, élaboration des projets avec les citoyen-ne-s, reprise autogestionnaire d’entreprises, participation des usagers et des salariés à la gestion des services publics.

– L’orientation des financements publics au profit des services publics (notamment de l’enseignement professionnel) et de l’économie sociale et solidaire.

– La priorité aux transports publics et l’évolution vers leur gratuité.

–Une politique d’économie d’énergie (habitat, transports, etc.), le recours aux énergies renouvelables, l’aide à la relocalisation des productions, le soutien à l’agriculture paysanne et biologique.

–Une politique de solidarité et de coopération avec les pays du Sud.

Dans toutes les régions, les Alternatifs agiront pour le rassemblement le plus large de l’autre gauche, y compris dans celles où le PCF a choisi pour sa part l’alliance avec le PS. Et, conformément à leur mode de fonctionnement autogestionnaire, les Alternatifs respecteront les choix effectués dans chaque région par leurs adhérent-e-s.
Contre la droite et l’extrême droite, pour une alternative à l’écolo et au social-libéralisme, dans les luttes et dans les urnes, l’heure est à un nouveau pas en avant pour le rassemblement de la gauche de transformation sociale et écologique.
Ce pas, faisons-le « Ensemble ».

Idées
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