Gus Massiah : « Nos idées ont été validées par la crise »
Le 10e Forum social mondial s’est ouvert mardi à Porto Alegre, au Brésil. À la veille de cette réunion, Gus Massiah dresse un bilan de la décennie altermondialiste. Le mouvement a remporté des succès idéologiques, mais doit toucher la sphère des décisions.
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Politis : Vous vous apprêtez à partir à Porto Alegre pour participer au 10e Forum social mondial. Comment se porte le mouvement altermondialiste ?
Gus Massiah : Il se porte bien. C’est un mouvement qui a une histoire, mais aussi beaucoup d’avenir. Et de questions à surmonter et à approfondir. Nous aurons une discussion sur le bilan des dix ans de Porto Alegre – qui ne sont pas les dix ans du mouvement altermondialiste, qui remonte, lui, à la fin des années 1970, avec la montée du néolibéralisme. Les Forums sociaux mondiaux (FSM) ne sont que la troisième phase du mouvement. Ils succèdent à une première époque de lutte contre les politiques d’ajustement structurel du FMI et de la Banque mondiale, en Amérique du Sud notamment ; puis à une seconde, contre la remise en cause de la protection sociale, contre la précarisation en Europe, aux États-Unis, en Corée… Nous sommes donc dans une troisième phase, celle des forums sociaux, qui ont maintenant 10 ans, dont nous allons discuter, et que nous évaluerons lors de cette réunion de Porto Alegre. Une