Dépasser la défaite

Razmig Keucheyan dresse
un panorama à la fois spatial et intellectuel des pensées critiques à l’heure de la mondialisation, et présente
des outils pour penser
le commencement d’un nouveau cycle politique.

Olivier Doubre  • 22 juillet 2010 abonné·es

Tout commence par « une défaite ». C’est la constatation que fait Razmig Keucheyan en guise de point de départ à son essai de « cartographie des pensées critiques » . Le chercheur en sociologie, maître de conférences à l’université Paris-IV, fait en effet partie de cette génération arrivée en philosophie à la fin du siècle passé, à un moment où les précédentes tentatives de « penser la transformation sociale » venaient de connaître deux décennies d’un profond « processus de reflux » , sinon de « perte de vitesse » , voire de « glaciation » . On le sait, dès la fin des années 1970, le climat intellectuel s’est « considérablement dégradé » pour la gauche radicale, particulièrement en Europe. Après une certaine heure de gloire, des années 1950 jusqu’aux années 1970, avec des intellectuels comme Jean-Paul Sartre, Henri Lefebvre, Michel Foucault, Louis Althusser ou Gilles Deleuze, les différentes pensées critiques, en lien avec un large mouvement de contestation politique et sociale, n’ont pas résisté – tout comme ce dernier – à la grande « offensive idéologique et culturelle » qui a accompagné la « montée en puissance » des politiques néolibérales et ont subi une cuisante « défaite » . Moribondes pendant plus de vingt ans, ces pensées critiques

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Idées
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

Jean Ziegler : s’engager, nommer les maux du monde
Hommage 16 juin 2026

Jean Ziegler : s’engager, nommer les maux du monde

Économiste et sociologue suisse, ancien rapporteur de l’ONU pour l’alimentation, Jean Ziegler s’est éteint le 10 juin. La disparition d’une grande conscience engagée, amie de Politis de longue date.
Par Olivier Doubre
« La société internationale est aujourd’hui comme un bateau ivre »
Entretien 16 juin 2026 abonné·es

« La société internationale est aujourd’hui comme un bateau ivre »

Juriste, Monique Chemillier-Gendreau pense le droit et la démocratie à l’échelle internationale. Elle dresse un état du monde et de notre humanité malmenés par les guerres et la violence envers les peuples, et invite à croire en la vivacité d’une société civile capable de se globaliser.
Par Céline Martelet
Ludivine Bantigny : « Le Front populaire fut d’abord une politisation collective du corps social »
Entretien 9 juin 2026 abonné·es

Ludivine Bantigny : « Le Front populaire fut d’abord une politisation collective du corps social »

Autrice d’une récente recherche sur le Front populaire, l’historienne revient sur ce moment mythique pour la gauche et toute la population française, synonyme autant de conquêtes sociales majeures que de première expérience gouvernementale dans un contexte international très difficile.
Par Olivier Doubre
Anwar Abu Eisheh : « Aujourd’hui, rester en Palestine, c’est résister »
Entretien 2 juin 2026 abonné·es

Anwar Abu Eisheh : « Aujourd’hui, rester en Palestine, c’est résister »

Celui qui fut ministre de la Culture de l’Autorité palestinienne est né en 1951 à Hébron. Engagé très jeune au sein du Fatah, il a été emprisonné puis contraint à l’exil en France. Il appelle les gouvernements occidentaux à faire pression sur Israël pour que ce pays respecte enfin le droit international.
Par Céline Martelet