« Entre nos mains », de M. Otero : l’énergie du collectif
Réalisatrice du documentaire « Entre nos mains », Mariana Otero raconte son travail avec les salariés d’une entreprise en faillite qu’un projet de coopérative rend plus heureux.
dans l’hebdo N° 1121 Acheter ce numéro

POLITIS : Entre nos mains respecte les règles de la tragédie classique – unité de lieu, de temps et d’action – et celles du film à suspense. Avez-vous eu conscience que l’écriture de ce documentaire ressemblerait à celle d’un polar ?
Mariana Otero : Ce que je savais d’emblée, c’est que, sur le chemin qui menait à la création d’une Scop, il y aurait des accidents de parcours. Et donc des moments de tension. De plus, j’avais choisi une entreprise – Starissima – en redressement judiciaire, par conséquent menacée de fermeture. Cela signifiait une urgence. Des questions cruciales seraient à résoudre, dont la première d’entre elles : les salariés s’engageraient-ils dans la procédure de la création de la Scop ou pas ? L’éventuelle intervention du patron était aussi plus que probable. Bref, il y avait dès le début des éléments forts de dramaturgie. En outre, je ne donne jamais d’éléments d’information au spectateur que n’auraient pas les salariés. Le spectateur n’est jamais en avance. Et je suis restée en permanence avec les salariés. Je ne suis pas allée voir le magasin Cora, par exemple, l’un de leurs clients, qui va poser des difficultés. Le suspense tient donc à cette façon de faire en ce qui me concerne, et aussi, bien sûr, à la réalité, qui est extrêmement tendue. Enfin, après le tournage, le montage permet également d’accentuer la tension.