Avec le choléra
dans l’hebdo N° 1145 Acheter ce numéro
J’interroge, au lendemain du premier tour des cantonales, un enfant d’un an et demi. Petit, lui demandé-je : penses-tu qu’il y ait plus que l’épaisseur d’une feuille de Rizla +™ entre l’FN et l’UMP ? Ah non , me répond l’amusant petit personnage (dont je vois très facilement qu’il est plus fin que Laurent Joffrin dans son appréhension du monde) : j’dirais plutôt qu’il y a moins que. Mais encore ? Attendez, je vais pas non plus vous refaire toute l’histoire – c’est pas comme si nous avions cent feuillets devant nous –, mais grosso merdo ç’a commencé le 21 avril 2002, quand la fine fleur de l’éditocratie nous a juré que plus jamais ça, never more the grosses boules, never more the Pen, vous rappelez-vous-ce ?
Tu parles, si je m’en souviens, petit : les unes de Libé donnaient l’impression d’avoir été faites au maquis des Glières.
_ Bon, cinq ans plus tard, en 2007, les mêmes, exactement, se pâment aux rebondis mollets de Sarkozy, ne fut-il pas ?
Il fut, petit : on les appela même les guymollets.
_ Tout le monde sait, à ce moment-là, que la propagande kozyque est la copie de celle du Pen : le gars n’en finit plus de flatter, dans ses meetings, ce qu’il y a de plus dégueulasse dans son votat .
Mais ? Mais nos éditocrates pâmé(e)s nous font, si nous avons l’effronterie de pointer que tout ça pue, de rudes leçons de maintien sur le thème : Sarkozy est petit, mais c’est mon ami.
_ Résultat ? Résultat : le triste mec, sitôt que mis dans l’Élysée, nous fait de fait du Pen – mais where the fuck est tout d’un coup passée la Résistance qui cinq ans plus tôt nous jurait que plus jamais ça, je vous prie ?
De fait : on ne l’entend plus guère – sauf pour chanter que Sarkozy, alléluia, nous réformera vitement. Tout juste : ça lèche frénétiquement, au rythme chaud de la rumba des sans-complexes – et maintenant ?
Maintenant, le régime est ce qu’il a toujours été : un cloaque infâme d’où monte chaque matin l’affirmation que tous ces bougnoules dans nos entours font que mâme Dupont n’a plus guère l’impression d’être chez elle. Voui, da : c’est comme si Pen est aux affaires, et ça fait quatre ans que ça dure, et l’avons-nous chassé ?
Peu. Très peu – mais ce matin, vous noterez : « La presse fustige l’attitude » post-premier tour des cantonales « de l’UMP envers le FN ».
Vraiment ? Vraiment : les éditorialistes voudraient contre la Pen un « front républicain », lis-je chez Nouvelobs.com .
Genre : une alliance avec le choléra, contre la peste ? Genre.
_ Mais alors, petit : ces gens-là sont vraiment de grotesques bouffon(ne)s ?
_ Putain, vieux : ça vous a vraiment pris deux entiers feuillets pour bien vous en rendre compte ?
P.-S. : Je voudrais avoir ici une émue pensée vers mes potes qui ont voté pour Mélenchon, pour s’entendre (bien sûr) narrer par ledit, juste après, que « la tradition de gauche est qu’on se rassemble au deuxième tour » (avec les « socialistes »). Pas trop mal au cul, les ami(e)s ?
Sébastien Fontenelle est un garçon plein d’entrain, adepte de la nuance et du compromis. Enfin ça, c’est les jours pairs.
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