Semprún, l’écriture ou la vie

Jorge Semprún est décédé le 7 juin dans son appartement parisien, à l’âge de 87 ans. Retour sur une vie de politique et d’écriture.

Olivier Doubre  • 16 juin 2011 abonné·es

À son retour du camp de Buchenwald fin avril 1945, l’« Espagnol rouge » matricule 44904, Jorge Semprún, souhaite témoigner. Sous une forme littéraire. Pourtant, après quelques tentatives, il cesse d’écrire. « Il n’était pas impossible d’écrire, il aurait été impossible de survivre à l’écriture. La seule issue possible de l’aventure du témoignage serait celle de ma propre mort. » Renonçant à ce « projet » de devenir écrivain, qui avait « structuré [s]on identité » depuis l’enfance, il conclut : « Il me fallait choisir entre l’écriture et la vie, et j’ai choisi la vie. » Ces phrases, d’une conférence

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Temps de lecture : 3 minutes

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