Bioéthique : qui tient les mutants à l’oeil ?

L’ « invention » en laboratoire d’une nouvelle souche du virus H5N1 de la grippe aviaire relance le débat sur l’encadrement des recherches à risque et sur leur publication dans les revues médicales.

Noëlle Guillon  • 1 mars 2012 abonné·es

En septembre 2011, Ron Fouchier, du centre Erasmus de Rotterdam, présente lors d’un congrès un virus H5N1 de la grippe aviaire transmissible entre mammifères, en l’occurrence chez le furet. Hautement surveillé par les autorités sanitaires mondiales parce que mortel chez l’homme dans plus de 50 % des cas, ce virus ne pouvait se transmettre entre humains jusqu’à ce jour. La nouvelle fait grand bruit. Les études présentées confirment l’éventualité de la transmission et entérinent la création du « monstre ». Faut-il rendre public le détail de cette recherche ? Pourrait-elle donner des idées à des bioterroristes, ou bien l’information multiplie-t-elle les chances de trouver des traitements ? Ron Fouchier et un autre chercheur, Yoshihiro Kawaoka, qui a réalisé des travaux similaires à l’université du Wisconsin, souhaitent publier leurs résultats. Mais, en décembre 2011, le comité de biosécurité américain bloque les deux publications. Les deux

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Société Santé
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