PSA à Aulnay : jusqu’au bout

Les syndicats réclament un engagement écrit à la direction pour le maintien des emplois de l’usine. Réunion prévue début avril.

Thierry Brun  • 29 mars 2012 abonné·es

«On n’est pas prêts à se faire sortir, on tient à notre emploi. On joue notre peau et on ira jusqu’au bout » , a déclaré Jean-Pierre Mercier, délégué syndical CGT de l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois, devant près de 400 salariés qui ont fait le déplacement le 23 mars devant le ministère de l’Industrie.

Depuis juin 2011, date de la publication de documents confidentiels dévoilant la fermeture de l’usine, la CGT, la CFDT et le SIA (syndicat indépendant) revendiquent « la tenue au plus vite d’une ­réunion avec l’État, PSA et les syndicats » du site. « Le moral n’est pas terrible. Oui ou non l’usine fermera-t-elle ? Pourquoi le patron ne rassure pas les gars ? » , s’interroge Nelson Guerreiro, mécanicien automobile et syndiqué à la CGT. « Depuis six mois qu’on manifeste pour savoir la vérité, on est toujours inquiets sur l’usine d’Aulnay » , résume El Asri, également syndicaliste CGT.

La menace d’aller se rassembler devant le QG de Nicolas Sarkozy a convaincu le gouvernement de faire un geste : les syndicats ont obtenu la tenue avant le 6 avril d’une réunion tripartite, au cours de laquelle ils demanderont à la direction de PSA des garanties écrites sur l’avenir du site et le maintien « de tous les emplois de l’usine PSA Aulnay au moins jusqu’à la fin 2016 » , date de la fin de fabrication de la C3. Ils réclament aussi l’attribution d’un nouveau véhicule au site.

« Des actions sont déjà programmées si jamais le ministère ne tenait pas son engagement et s’il ne sortait rien de cette future réunion » , avertissent les syndicats.

Travail
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