Uncle Jacques wants you
dans l’hebdo N° 1204 Acheter ce numéro
Là, tout de suite, tel que tu ne me vois pas (sans quoi, vu l’heure, je t’offrirais un apéro de marque ritale) – et pendant que d’autres, assurément moins ambitieux que je ne suis, restent cantonné(e) s dans de médiocres méditations, genre à se demander combien de jours le nouveau ministre von l’Intérieur [NMVL’I] va-t-il-ce nous faire attendre encore l’annonce que l’angélisme, c’est terminé, tas d’apathiques [^2] néo-bolcheuves, à nous l’armée dans les cités, la racaille va rentrer dans l’rang ou ça finira dans l’cuisant ? – je planifie quant à moi (qui ai fort l’esprit d’entreprise) de fonder, sous (très) peu, un (le) FC2J. C’est-à-dire : un (le) Fan-Club de Jacques Julliard, éditorialiste chez Marianne – sur le modèle de celui, par exemple, de Mireille Mathieu (vu que ces deux-là, t’avoueras, donnent des fois l’impression de fréquenter le même salon de coiffure).
Le gars le mérite, à mon avis, pour l’ensemble de son œuvre et sa ténacité : ses pair(e)s de l’éditocratie font depuis des années de méritoires efforts pour le doubler (par la droite) sur le délicat terrain de l’absolue soumission aux mièvreries rosâtres de la social-démocratie [^3], mais, à ce jeu-là, personne peut battre l’uncle Jacques, qui a pour lui de looooongues années de pratique : pas oublier, quand même, que le gars lançait déjà des odes au capitalisme (« rhénan ») à l’époque où le commerce, à l’ouest du Pecos, était tout entier entre les mains de la Ligue hanséatique.
Adoncques, je te prie [^4] : si je dépose demain (auprès du NMVL’I) les statuts du FC2J, il serait urbain que t’adhères.
Nous nous réunirons le lundi pour réciter aux coins des rues (et à la fin de convertir quelques passant[e]s) des bouts des immenses éditos, datés de circa 2005, où Jacques J. hurlait, rappelons-nousse, que si que tu votais pas pour le TCE de monsieur Estaing, t’étais pas loin d’être qu’un(e) gros(se) crypto-nazi(e). Puis, le mercredi : nous déclamerons par les bois et les champs des vertes campagnes françousques (car le monde rural doit être aussi conquis) les enlevés billets où il fustige désormais « les gnomes de Bruxelles » (qui sont les mêmes, t’auras compris, pour qui il t’enjoignait de voter il y a sept ans, ou sinon t’étais Charles Maurras). Puis enfin le dimanche : nous psalmodierons, devant chez Marianne, le nouveau (mais déjà fameux) soutra du jacquesjulliardisme (du petit véhicule) : « Sois de gauche, François Hollande, mais de droite – ou sinon, je te préviens, j’appelle la CFDT. »
[^2]: Non, pas toi, Jean-Michel.
[^3]: Laurent Joffrin, par exemple, ne reste pour ainsi dire plus jamais sans lâcher tous les trois jours d’ahurissants libelles narrant qu’il est d’un socialisme (bien) tempéré (par le CAC 40) – exactement comme si nous ne le savions pas depuis trente ans.
[^4]: Et te requiers, le cas échéant – ou si tu préfères que je tue le chien ?
Sébastien Fontenelle est un garçon plein d’entrain, adepte de la nuance et du compromis. Enfin ça, c’est les jours pairs.
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