Mieux soigner les plus démunis

L’Assurance maladie et les centres d’action sociale mettent en place un partenariat.

Lena Bjurström  • 9 mai 2013 abonné·es

Des millions d’euros de prestations sociales ne sont pas réclamés. Ce constat, publié en novembre, avait de quoi surprendre. Chaque année, 700 millions d’euros de couverture maladie universelle complémentaire (CMU-c) et 378 millions d’euros d’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé (ACS) ne sont pas versés aux ayants droit. Alors que les frais de santé sont les premiers sacrifiés par les ménages en difficulté. On avait alors pointé les délais interminables et la complexité des démarches administratives, problèmes auxquels le Plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté devait répondre.

C’est dans ce cadre que l’Assurance maladie et l’Union nationale des centres communaux d’action sociale (UNCCAS) ont signé un accord, le 30 avril. L’idée ? Accélérer les procédures d’obtention des droits sociaux en organisant l’accompagnement des démarches administratives au sein des centres communaux, avant d’envoyer les dossiers complets aux caisses primaires d’assurance maladie (CPAM). L’expérimentation devrait durer un an. Selon Hélène-Sophie Mesnage, adjointe au délégué général de l’UNCCAS, il s’agit de répondre à une demande de plus en plus fréquente : « De nombreux CCAS ont mis en place des actions en matière de santé, bien que cela ne relève pas de leurs compétences obligatoires. Avec cet accord, nous avons voulu renforcer ces initiatives. »

Faciliter l’accès aux droits est nécessaire. Mais pour Fabrice Giroux, ancien responsable des missions France de Médecins du monde, ce ne devrait pas être du ressort des centres communaux. « Sur le principe, on ne peut qu’être d’accord avec cette mesure d’urgence. Mais elle crée une procédure d’exception pour les personnes en situation de précarité, qui ne sont plus accompagnées comme les autres, directement par les CPAM. » Ce système, qui tente de compenser la fermeture de nombreux bureaux de proximité de la Sécurité sociale, ne doit pas, selon Fabrice Giroux, être considéré comme une solution définitive.

Société Santé
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