Ni flics, ni psys : les «APS» s’installent dans les écoles

Créés en août 2012 pour prévenir les violences scolaires dans les établissements les plus sensibles, les «assistants de prévention et de sécurité» prennent leurs marques. Reportage à Marseille.

Fériel Alouti  • 18 juin 2013 abonné·es
Ni flics, ni psys : les «APS» s’installent dans les écoles

Veste en cuir, chemise en jean et tennis aux pieds, Naouel Ben Aissa affiche un style décontracté. «   Même si je ne suis pas leur copine, les élèves se sentent à l’aise avec moi, ils ont compris que j’étais là pour les conseiller et faire en sorte qu’ils se sentent bien » , explique-t-elle alors qu’elle demande à un lycéen d’ôter sa casquette lorsqu’il entre dans son bureau.

Cette jeune femme de 26 ans est la nouvelle assistante de prévention et de sécurité (APS) du lycée Victor-Hugo, un établissement marseillais classé en zone d’éducation prioritaire. Ce poste, créé l’été dernier par le ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon, doit officiellement prévenir tout type de violences scolaires.

Mais, depuis, les APS s’efforcent de dissiper le flou sur leur mission et soignent leur image tant le mot « sécurité » peut faire peur dans le milieu scolaire. Naouel Ben Aissa se veut donc claire : «   Je ne me vois pas comme un vigile mais plus comme un éducateur . Pour moi, la sécurité, c’est améliorer le climat scolaire, que les élèves se sentent bien et qu’ils aient envie de venir au lycée. Les violences touchent généralement des élèves qui n’ont pas envie d’être là. » Même son de cloche du côté de la direction : «   Pour nous, la sécurité, c’est mettre le paquet sur la prévention, apporter des réponses à un élève en difficulté » , estime

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

Municipales 2026 : à Cayenne, l’enjeu sécuritaire dépasse la campagne
Reportage 24 février 2026 abonné·es

Municipales 2026 : à Cayenne, l’enjeu sécuritaire dépasse la campagne

Alors que la campagne des élections municipales débute officiellement dans quelques jours, le thème de la sécurité s’impose comme l’une des priorités des Cayennais. Neuf ans après le mouvement social historique de 2017, l’insécurité continue de structurer le débat public et de façonner les programmes des candidats.
Par Tristan Dereuddre
Au quartier pour mineurs de la prison de Metz, « sans liberté, on fait comme on peut »
Reportage 20 février 2026 abonné·es

Au quartier pour mineurs de la prison de Metz, « sans liberté, on fait comme on peut »

Au quartier pour mineurs du centre pénitentiaire de la ville de Moselle, si les surveillants sont en jogging et les jeunes ne sont plus envoyés au quartier disciplinaire, ces mesures n’ont pas fait disparaître le contrôle et l’isolement, intrinsèques à l’enfermement.
Par Pauline Migevant
« L’expression “ferme France” perpétue un imaginaire paysan bleu-blanc-rouge »
Entretien 20 février 2026 abonné·es

« L’expression “ferme France” perpétue un imaginaire paysan bleu-blanc-rouge »

L’historien Anthony Hamon décrit l’évolution des syndicats agricoles en France, et la façon dont la politique française vante les mérites d’un monde agricole unifié qui occulte ses disparités sociales.
Par Vanina Delmas
Agriculture responsable : que peuvent les petites communes ?
Reportage 19 février 2026

Agriculture responsable : que peuvent les petites communes ?

Certaines collectivités tentent de se réapproprier la politique agricole à l’échelle communale. Pour lutter contre la disparition des petites fermes, et favoriser une alimentation bio et locale.
Par Vanina Delmas