Pas avant 66 ans !

Le verrou du départ légal à 62 ans saute.

Thierry Brun  • 10 octobre 2013 abonné·es

Promis, juré, « pas question » de relever l’âge légal de départ à la retraite, avait déclaré en août Jean-Marc Ayrault sur France 2. La réforme « juste » voulue par François Hollande, examinée par l’Assemblée nationale depuis le 7 octobre, prévoit un allongement progressif de la durée de cotisation des générations nées à partir de 1958, pour atteindre 172 trimestres, soit 43 ans, pour la génération 1973.

La réforme ne touche pas à l’âge légal de départ à la retraite, fixé à 62 ans depuis la réforme Sarkozy de 2010, mais, dans la « stratégie de politique économique de la France » pour 2014, le rapport économique que le gouvernement a adressé à la Commission européenne, il est indiqué que cet âge légal ne constitue pas « le critère déterminant au regard de la soutenabilité des finances publiques ». Le gouvernement a retenu comme critère l’âge effectif, qui « devrait mécaniquement augmenter avec l’allongement de la durée de cotisation ». En clair, « un assuré qui commence sa carrière à 23 ans  [c’est la moyenne en France] ne pourra partir à la retraite à taux plein qu’à partir de 66 ans ». Le groupe socialiste à l’Assemblée nationale y voit une « réforme de gauche », tout en dénonçant le programme de l’UMP, qui « est un “choc” de paupérisation pour les futurs retraités », notamment parce que l’UMP veut reculer l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans et la durée de cotisations à 44 ans [^2]. Le projet de réforme Ayrault s’en rapproche pourtant.

[^2]: Argumentaire daté du 7 octobre, disponible sur le site du groupe socialiste à l’Assemblée.

Économie Travail
Temps de lecture : 1 minute

Pour aller plus loin…

Dans des entrepôts logistiques de Pantin, une grève pas comme les autres
Luttes 2 avril 2025 abonné·es

Dans des entrepôts logistiques de Pantin, une grève pas comme les autres

Plusieurs dizaines d’ouvriers de la logistique travaillant pour IMX France se sont mis en grève ce mardi 2 avril pour dénoncer leurs conditions de travail et demander une revalorisation salariale. Une grève inédite dans cette entreprise, et qui se déroule sans syndicats.
Par Pierre Jequier-Zalc
« J’essayais de faire au mieux, sans penser aux conséquences pour moi »
Témoignage 2 avril 2025 abonné·es

« J’essayais de faire au mieux, sans penser aux conséquences pour moi »

Martine a travaillé toute sa carrière comme aide-soignante à l’hôpital de Saint-Avold en Moselle. En 2016, on lui diagnostique un cancer de sein. En décembre 2024, sa maladie a été reconnue d’origine professionnelle après un long combat. Elle raconte.
Par Pierre Jequier-Zalc
Cancer du sein : le tabou du travail
Enquête 2 avril 2025 abonné·es

Cancer du sein : le tabou du travail

Plusieurs facteurs professionnels – notamment le travail de nuit et l’exposition aux rayonnements ionisants – augmentent le risque de contracter un cancer du sein. Face à l’inertie des pouvoirs publics, des femmes et des syndicats se battent pour le faire reconnaître comme maladie professionnelle.
Par Pierre Jequier-Zalc
George Monbiot : « Après l’hégémonie culturelle néolibérale, nous risquons celle du fascisme »
Entretien 26 mars 2025 libéré

George Monbiot : « Après l’hégémonie culturelle néolibérale, nous risquons celle du fascisme »

Journaliste, activiste écolo et enseignant à l’université d’Oxford, George Monbiot publie, avec le réalisateur de documentaires Peter Hutchison, un réquisitoire implacable sur l’hégémonie culturelle et l’organisation du capitalisme néolibéral.
Par Olivier Doubre