« Penser la pluralité des populations »
La sociologue Brigitte Maréchal analyse le malaise croissant d’une jeunesse musulmane belge en manque de repères et de reconnaissance.
dans l’hebdo N° 1397 Acheter ce numéro

Pour Brigitte Maréchal, la radicalisation terroriste en Belgique prend sa source tant dans un contexte social que dans un questionnement identitaire et religieux. Un malaise dont la société belge doit répondre.
Comment analysez-vous les parcours de radicalisation terroriste de ces jeunes Belges ?
Brigitte Maréchal : Il me semble que les jeunes radicalisés sont le produit d’un cocktail détonant entre, pour certains, un contexte social difficile – l’absence de père dans le foyer, la fragilisation de familles qui ont subi de plein fouet les crises économiques des années 1980 – et un questionnement identitaire où se mêlent le parcours migratoire de leurs parents, la religion et les difficultés d’intégration.
Avec une culture parentale profondément liée au pays d’origine, les jeunes se sont retrouvés « le cul entre deux chaises », entre deux appartenances nationales et culturelles. De quoi créer un malaise d’autant plus fort que nombre d’entre eux n’ont guère assumé