Biodiversité : « Nous allons vers une crise majeure »
Pour le naturaliste Bruno David, la sixième extinction massive d’espèces que nous vivons actuellement, sous la pression des activités humaines, n’a pas d’équivalent dans l’histoire.
dans l’hebdo N° 1464-1466 Acheter ce numéro

C’est un signal d’alarme qui a pour enjeu l’avenir de notre monde. Le 10 juillet dernier, une étude menée par des chercheurs américains et mexicains révélait une accélération de la sixième extinction de masse des animaux. Les scientifiques ont analysé les évolutions de la moitié des espèces connues de vertébrés. Sur ces 27 600 espèces, plus d’un tiers se trouve en situation de déclin. La moitié risque de disparaître dans les quarante ans à venir, et des mammifères communs en 1970 sont aujourd’hui en voie d’extinction. Ce danger, lié à l’action de l’homme, n’a aucun précédent.
Bruno David, à la tête du Muséum national d’histoire naturelle de Paris, décrypte les enjeux de cette sixième extinction d’espèces, après celle des dinosaures, il y a 66 millions d’années.
La majorité des scientifiques se rejoint pour parler de sixième extinction. Qu’est-ce qui caractérise ce phénomène ?
Bruno David : Une extinction se définit par son étendue, sa vitesse et son intensité. Elle est globale, concernant l’ensemble de la planète, atteint un certain nombre de groupes d’êtres vivants et touche la biodiversité de manière brutale – du moins à l’échelle géologique.
Or, plus qu’une extinction, la dernière étude scientifique décrit un phénomène de « défaunation » des vertébrés, c’est-à-dire une forte diminution de leurs effectifs. Le point commun de cette défaunation avec les crises des ères géologiques passées est son déterminisme multifactoriel. Les crises du passé ont été induites par des épanchements volcaniques, des bouleversements du climat ou le choc de météorites. Aujourd’hui, la biodiversité est aussi confrontée à plusieurs facteurs délétères, mais dont l’homme est responsable : déforestation, surexploitation des ressources, déplacement
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