Deux États : les jeunes Palestiniens n’y croient plus
Vingt-cinq ans après la signature des accords d’Oslo, la solution qui a toujours les faveurs de l’ONU paraît irréalisable à une large partie de la population, particulièrement chez les étudiants.
dans l’hebdo N° 1501-1502 Acheter ce numéro

La cinquantaine bien entamée, costume gris, Mkhaimar Abusada parle d’une voix calme. Pour ce professeur de sciences politiques à l’université Al-Azhar de Gaza, « il semble difficile d’imaginer qu’un jour les 700 000 colons qui vivent en Cisjordanie et à Jérusalem-Est soient renvoyés en Israël afin de permettre la création d’un État palestinien autonome. Et puis la Cisjordanie est morcelée, rongée de toutes parts par des routes israéliennes ». On sent poindre chez lui une certaine lassitude quand il aborde le sujet. Après avoir longtemps considéré la solution à deux États voisins comme le meilleur moyen de vivre en paix avec Israël, comme une majorité de la population, il fait désormais preuve de pragmatisme : « Cette solution n’est simplement plus réalisable. »
De fait, selon une enquête du Palestinian Center for Policy and Survey Research (PSR), près de 57 % des personnes interrogées considèrent que la création de deux États voisins, dont un État palestinien autonome dans les frontières de 1967, est incompatible avec l’expansion des colonies, jugée trop avancée.
« Soutenir la solution à deux États n’est pas une question de choix, mais de survie, elle est la seule acceptable pour nous », tempère de son côté Hanan Ashrawi, figure de la politique palestinienne et membre du comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). « La création d’un seul État
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