Hôtels meublés de Marseille : l’autre visage de l’habitat indigne

Après avoir hébergé pendant longtemps des populations d’ouvriers et d’immigrés, les « garnis », aujourd’hui en voie de disparition, se sont progressivement mués en espaces de relégation des populations fragiles.

Céline Regnard  • 14 mai 2019 abonné·es
Hôtels meublés de Marseille : l’autre visage de l’habitat indigne
© photo : Dans la rue d’Aubagne, au cœur du quartier de Noailles, où deux immeubles se sont effondrés en novembre 2018. crédit : Theo Giacometti/Hans Lucas/AFP

Voilà six mois que deux immeubles de la rue d’Aubagne se sont effondrés à Marseille. Ce drame est la partie la plus visible de l’« habitat indigne » (selon les termes de la loi de 2009). Il existe en effet un phénomène moins médiatisé : celui des hôtels meublés. En 2017, on en compte 73 à Marseille, dont les trois quarts se concentrent dans le Ier arrondissement, entre la gare Saint-Charles et le Vieux-Port, à Belsunce. Cette implantation centrale – qui fait figure d’exception aujourd’hui en France – s’inscrit dans un héritage ancien. Dès avant la Révolution, la location de « garnis » (ces chambres meublées louées à la nuit ou à la semaine, plus rarement au mois) caractérise le centre-ville.

À la fin du XVIIIe siècle, les établissements les plus modestes sont concentrés dans les ruelles étroites de la butte des Carmes, au sud de la

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Idées
Temps de lecture : 5 minutes

Pour aller plus loin…

Bally Bagayoko : « La campagne présidentielle doit partir de Saint-Denis : c’est une évidence »
Entretien 13 mai 2026 abonné·es

Bally Bagayoko : « La campagne présidentielle doit partir de Saint-Denis : c’est une évidence »

Le maire de Saint-Denis, élu au premier tour des dernières municipales, figure montante de La France insoumise, revient sur les orientations qu’il souhaite donner à son mandat : répondre aux urgences quotidiennes et donner la priorité à la jeunesse. L’édile dyonisien place la mobilisation des quartiers populaires au cœur de la stratégie insoumise. 
Par Kamélia Ouaïssa et Alix Garcia
Une bonne solution : l’autogestion !
Idées 7 mai 2026 abonné·es

Une bonne solution : l’autogestion !

L’économiste Guillaume Etiévant s’emploie à montrer qu’une sortie démocratique du capitalisme est possible. Les entreprises, et toute l’économie, seraient prises en main par les travailleurs eux-mêmes, au nom de l’intérêt de toutes et tous.
Par Olivier Doubre
« La gauche ne peut pas abandonner. Nous avons le devoir de gagner »
Entretien 4 mai 2026 abonné·es

« La gauche ne peut pas abandonner. Nous avons le devoir de gagner »

Deux continents, un combat. L’une, Janette Zahia Corcelius, résiste aux raid de l’ICE, la police anti-immigration de Trump. L’autre, Anzoumane Sissoko, lutte pour la régularisation des étrangers depuis vingt-quatre ans. Une rencontre pour penser la résistance transatlantique contre l’autoritarisme et les répressions anti-migratoires.
Par Juliette Heinzlef et Maxime Sirvins
Le fascisme, une hydre aux mille définitions
Essai 30 avril 2026 abonné·es

Le fascisme, une hydre aux mille définitions

Le « fascisme » emporte-t-il le monde ? Jamais éteint, ce vocable est plus utilisé et débattu que jamais. Un nouvel ouvrage collectif s’efforce d’apporter nuance et complexité à ce débat sémantique ô combien politique.
Par François Rulier