Algérie : L’éveil d’une nation

Le Hirak a fait émerger des figures de résistance, mais nul représentant politique. Les raisons tiennent à l’histoire du pays.

Rosa Djaz  • 17 juin 2020 abonné·es
Algérie : L’éveil d’une nation
© La marche du 14 février 2020 à Bordj Bou Arreridj.Photo : AMAL BELALLOUFI/AFP

Le temps presse. Hakim Addad n’aura que quelques secondes pour mettre un genou au sol et lever le poing gauche en hommage à George Floyd. Il ne faut pas trop attirer l’attention des policiers qui règlent la circulation à quelques mètres de là. Nous sommes devant la Grande Poste d’Alger-Centre.

Ce 1er juin, qui va marquer l’histoire de la lutte mondiale antiraciste, est pour Hakim Addad l’occasion de rendre également hommage aux détenus d’opinion et à l’ensemble des victimes de violences policières. Lui-même a été arrêté lors de la marche du Hirak du vendredi 4 octobre 2019, une pancarte à la main. Dans son message, ce jour-là, il réclamait la libération du jeune militant Ahcene Kadi. « On m’a attrapé et hop, prison d’El Harrach avec les camarades. On était à l’isolement, mais les conditions sont déplorables pour les autres détenus. Ils sont près de cent par grande cellule, certains dorment à même le sol. Nous étions des privilégiés en quelque sorte », avoue-t-il.

Hakim Addad est libéré le jeudi 2 janvier. « Le lendemain, j’étais à la manifestation pour un bain de foule. » Il explique que, grâce aux avocats et au comité de soutien, les gens s’identifient aux détenus d’opinion, qui, ainsi, ne tombent pas dans l’oubli. Pour autant, ceux-ci ne veulent pas être considérés comme des leaders de la contestation. « Le mouvement populaire n’en a pas besoin, estime

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Monde
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