« Il faut modifier nos modes de vie pour prendre moins de place »

Pour Hélène Soubelet, seule une approche systémique globale de la préservation de la biodiversité pourra nous prémunir contre les zoonoses.

Vanina Delmas  • 10 mars 2021 abonné·es
« Il faut modifier nos modes de vie pour prendre moins de place »
Le phénomène pandémique est aussi induit par le transport de personnes et de marchandises.
© Hauke-Christian Dittrich / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP

Diplômée d’études approfondies en pathologie végétale, Hélène Soubelet a pris la direction de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) en 2017. Elle ne cesse de démontrer le rôle majeur de la biodiversité, notamment pour nous prémunir des épidémies d’origine animale. Avec optimisme et lucidité, elle assure qu’il est encore temps d’agir, à condition d’apprendre à occuper la planète différemment et d’activer les changements transformateurs de la société sans plus attendre.

Qui est responsable des épidémies : l’homme ou la nature ?

Hélène Soubelet : Dans un écosystème équilibré, vous avez une forte biodiversité impliquant de fait une présence du danger (virus, bactéries, champignons pathogènes…). La survenue d’une zoonose, voire d’une épidémie, est principalement due aux activités humaines. Plusieurs facteurs constituent le risque infectieux : le danger, sa propre vulnérabilité en tant qu’organisme vivant et le contact. C’est sur ce dernier point que l’on peut jouer, et où le -problème de l’érosion de la biodiversité est le plus prégnant : la destruction de l’environnement et le changement d’usage des terres en Asie du Sud-Est engendrent de plus en plus de contacts entre les humains et la biodiversité sauvage de ces milieux, augmentant ainsi le risque de contamination. Dans le même temps, un certain nombre -d’animaux sauvages porteurs de virus

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