Exercice Orion 23 : à la guerre comme à la guerre

Pendant un an, l’armée française et certains partenaires étrangers ont simulé un combat de haute intensité dans plusieurs communes. Une démonstration de force de grande ampleur imposée à la population et assortie d’une communication à la gloire de l’engagement militaire.

Lily Chavance  • 21 juin 2023 abonné·es
Exercice Orion 23 : à la guerre comme à la guerre
La prise fictive de la ville de Cahors par des militaires engagés dans l’exercice Orion 23.
© Marine Gonard / Hans Lucas via AFP.

La grande muette a rarement été aussi volubile. Montée en puissance du service national universel (SNU), développement des classes avec option défense, diversification des actions de renforcement du lien armées-jeunesse, recrutement massif envisagé par la loi de programmation militaire… Les institutions de défense françaises ne cessent d’enchaîner les dispositifs pour valoriser leurs missions et faire rayonner leurs valeurs.

L’exercice Orion 23 en est l’exemple même. Cette « opération de grande envergure pour des armées résilientes, interopérables, orientées vers le combat de haute intensité et novatrices [Orion] » contribue à « préparer les forces aux situations les plus complexes […] et à montrer que la France possède des armées aptes au combat de haute intensité », selon la communication du ministère des Armées. Rassemblant de nombreux partenaires étrangers (États-Unis, Italie, Royaume-Uni, etc.), mobilisant une force de plusieurs milliers de militaires, Orion 23 revêt toutes les composantes du conflit moderne.

L’exercice, qui a débuté en mai 2022, s’est achevé en mai 2023. Son scénario fictif était lancé depuis 2021. Il s’agissait, pour la nation, « Arnland », soutenue par la France et ses alliés, de défendre son espace et de rétablir la sécurité face à l’invasion de « Mercure », pays exerçant une lourde menace militaire aux frontières. Quatre phases – de la planification à l’exercice en conditions réelles – se sont enchaînées, se déployant dans plus de vingt départements, sur terre, dans les airs et en mer.

En plus de l’entraînement des forces armées au combat de haute intensité, et en vue de se préparer à « l’hypothèse d’engagement », un autre objectif était clairement annoncé dans le dossier de presse de l’exercice. Orion 23 est « une occasion unique pour la population d’aller à la rencontre de son armée, de découvrir ses matériels et de mieux comprendre son action ». Pierre Gaudillère, porte-parole du chef d’état-major des Armées, détaille : « Dans le contexte général, il est très important que les Français puissent voir pourquoi et comment se déroulent les

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 8 minutes

Pour aller plus loin…

« La répression ne va pas éteindre les free parties »
Entretien 9 avril 2026

« La répression ne va pas éteindre les free parties »

Dans sa pièce de théâtre documentaire Tribe, le metteur en scène et auteur Pierre Levent revient sur les répercussions du regard médiatique et politique sur les free parties.
Par Hugo Boursier
Free parties : l’assaut est lancé contre les sound systems
Analyse 9 avril 2026 abonné·es

Free parties : l’assaut est lancé contre les sound systems

Propositions de loi, projet gouvernemental, mission sénatoriale : les free parties, rassemblements techno festifs, sont redevenues une cible politique. Une offensive qui s’inscrit dans une longue histoire de méfiance et de répression à l’égard de la fête libre.
Par Maxime Sirvins
Dans les lycées du 93, « plus aucun de nos élèves n’arrive à se régulariser »
Rencontre 9 avril 2026 abonné·es

Dans les lycées du 93, « plus aucun de nos élèves n’arrive à se régulariser »

Depuis la circulaire Retailleau, en Seine-Saint-Denis, les lycéens étrangers ne peuvent plus se régulariser. Soutenus par les équipes pédagogiques, ils racontent le « combat » qu’est leur vie et la peur des OQTF. Fin décembre, un lycéen du 93 a été expulsé vers le Maroc.
Par Pauline Migevant
Handicap : la France à rebours du droit international
Enquête 8 avril 2026 abonné·es

Handicap : la France à rebours du droit international

Historiquement enferré dans une logique institutionnelle, l’État impose aux personnes handicapées un quotidien en établissement médico-social. Un schéma dénoncé par l’ONU, qui prône une nécessaire désinstitutionnalisation. En dépit de mobilisations, celle-ci est loin d’être envisagée.  
Par Elsa Gambin