Santé : la Cnam se paie sur les dents

À partir du 1er octobre, a annoncé l’Assurance maladie, sa prise en charge des soins dentaires passera de 70 % à 60 %. Sur France Info, la directrice déléguée de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM), Marguerite Cazeneuve, refuse de présenter cette décision comme une « baisse du remboursement », la qualifiant plutôt de « répartition différente » (sic). S’il est vrai que le reste à charge pour les patients ne devrait pas augmenter, ce sera au détriment des complémentaires santé, qui se voient transférer cette charge pour un montant de 500 millions d’euros. Une somme supérieure à celle votée dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale en novembre, de 300 millions d’euros.
Dans un communiqué diffusé le 19 juin, les fédérations CTIP, France Assureurs, Unocam et la Mutualité française s’indignent d’une « annonce unilatérale et en décalage avec la méthode voulue par le ministre de la Santé ». Celui-ci prônait jusque-là la concertation, par le biais d’un comité de dialogue avec les organismes complémentaires, censé assurer un « virage préventif » dans le domaine des soins bucco-dentaires. Ce virage est-il assuré de la meilleure des manières ? Rien n’est moins sûr. Les mutuelles préviennent que ce transfert de charges « pèsera sur le niveau des cotisations », qui a déjà augmenté en moyenne de 4,7 % en 2023, selon la Mutualité française. Loin de réduire les inégalités en matière d’accès à la santé, cette mesure risque de les creuser alors que 2,5 millions de Français n’ont toujours pas de complémentaire.
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