« Je suis le témoin principal des progrès de l’enfant »

Catherine R. relate ici son quotidien d’accompagnatrice d’élèves en situation de handicap. Et plaide pour une meilleure reconnaissance de cette profession indispensable.

Catherine R.  • 3 juillet 2023 abonné·es
« Je suis le témoin principal des progrès de l’enfant »
Une AESH auprès d’une enfant autiste dans une école primaire près de Bordeaux.
© Philippe LOPEZ / AFP.

Cela fait cinq ans que je suis accompagnatrice d’élèves en situation de handicap dans une école du Lot-et-Garonne. Quand j’ai commencé à exercer mes fonctions, il n’existait pas de cursus spécifique. J’ai été recrutée sur recommandation de Pôle emploi auprès de l’Éducation nationale. J’ai donc débuté sans aucune formation. Pour mon premier poste, je me suis occupée d’un garçon autiste de 6 ans, scolarisé en grande section de maternelle, qui attendait une place dans un centre. Heureusement, la maîtresse le connaissait bien et m’a expliqué comment l’aborder, ce qu’il aimait et ce qu’il n’aimait pas. J’étais un peu angoissée à l’idée de ne pas y arriver, de ne pas être à la hauteur, mais le contact s’est très bien passé entre nous. L’équipe enseignante a été déterminante. Elle m’a parfaitement accueillie et je me suis sentie très vite intégrée, comme si je faisais partie de la communauté éducative tout entière – ce qui était le cas, en réalité.

Au cours de la première année, j’ai suivi une formation obligatoire, chaque mercredi. J’ai rencontré beaucoup de professionnels travaillant avec des enfants autistes ou porteurs d’autres types de handicap. C’était passionnant. J’ai beaucoup appris et j’ai surtout gagné en confiance en moi. Les autres AESH que j’ai pu rencontrer lors de cette formation m’ont aussi beaucoup apporté. Comparer nos expériences a été très instructif. Je me suis rendu compte que les conditions dans lesquelles je faisais mes premiers pas n’étaient pas forcément en vigueur ailleurs. Beaucoup de mes collègues m’ont fait part du mépris dont ils faisaient l’objet de la part

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