À Valence, un désastre climatique et politique
Après les terribles inondations qui ont frappé la région valencienne, les réactions tardives du gouvernement de Carlos Mazón ont suscité la colère des habitants et des réactions opportunistes de l’extrême droite. Pour se relever, la population mise sur la solidarité.
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© Cesar Manso / AFP
"L’eau est montée à presque deux mètres cinquante. J’étais dans l’atelier en train de travailler. Je me suis agrippé ici et là, et, en nageant, j’ai atteint l’escalier », raconte Vicente, habitant de Paiporta, l’un des villages les plus touchés par les inondations du 29 octobre. Des localités entières ont été dévastées en quelques minutes par un tsunami d’eau et de boue qui a causé la mort de plus de 200 personnes.
Les dommages matériels se chiffrent en milliards d’euros ; des centaines de logements et de commerces restent couverts de boue quatre semaines après la tragédie, malgré la mobilisation de plus de 18 000 membres de l’armée, de policiers et de services d’urgence venus de toute l’Espagne.
130 000 logements ont été construits dans des zones inondables, beaucoup pendant le boom immobilier.
M. RequenaLes pluies torrentielles sont un phénomène fréquent sur la côte est espagnole, mais leur intensité et leur fréquence augmentent en raison du réchauffement climatique, qui touche particulièrement la région méditerranéenne. Dans la Communauté autonome de Valence, les conséquences des inondations sont aggravées par un urbanisme qui, depuis des décennies, a ignoré les cours naturels des rivières.
Marina Requena, sociologue à l’université autonome de Barcelone et experte des conflits socio-écologiques dans la région de Valence, explique : « 130 000 logements ont été construits dans des zones inondables, beaucoup pendant le boom immobilier. Le ravin de Poyo [qui a débordé le 29 octobre, Ndlr] accumule des catastrophes depuis longtemps ; un plan existe depuis 1995 pour le réaménager, mais seule une partie a été réalisée. »
Au manque de planification s’ajoute la négligence du gouvernement régional actuel, le Parti populaire. Le groupe libéral-conservateur était responsable de la gestion des urgences. Malgré l’alerte
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